N°20 - Automne 2012
Ils sont des milliers aux Etats-Unis à emprunter des chemins de traverse, en toute discrétion, hors des écrans radar. Ils ne s’opposent pas, ne défilent pas, n’ont ni représentants ni lobby. Silencieux, les Robinsons d’Amérique disparaissent simplement des registres officiels. Ils tentent
une autre vie, à mille lieues du modèle américain.
Ils n’ont rien à voir avec la mouvance hippie et ne forment pas un mouvement. Leur retour à la nature est autant religieux qu’économique ou écologique. Certains s’installent en communautés, d’autres s’isolent du monde. Souvent connectés, ils ne rejettent pas la technologie, mais la consommation.
Le photographe Lucas Foglia a sillonné pendant quatre ans, de 2006 à 2010, le sud des Etats-Unis pour y retrouver ces exilés volontaires de l’urbanité. Vivant lui-même en communauté dans les environs de San Francisco, il n’a jamais oublié son enfance passée dans la ferme familiale, une ferme qui s’est doucement trouvée enserrée par la ville et ses supermarchés.