N°17 - Hiver 2012
Modeste et informel, avec ses jeans et son sourire facile, il n’avait pas le profil d’un tueur. Mais le style n’est pas toujours l’homme. Son suicide politique est consommé. Parce qu’il n’a pas su réformer quand c’était possible, Bachar el-Assad est fini. Tout avait pourtant bien commencé. Quand il arrive au pouvoir, le jeune héritier d’un système prédateur à bout de souffle est prometteur. « Bachar l’espoir », salue le peuple. Il se veut proche des gens. Et entend parler d’avenir. « J’essaie de changer les règles », dit-il. Son pays s’ouvre au printemps. Il hésite : « Le changement ne peut être que graduel », ne voit pas monter la colère, et finit par se placer dans le chemin tracé par son père : « La démocratie occidentale est le résultat d’une
histoire qui n’est pas la nôtre ». Enquête sur l’Inconstant de Damas.