Je m’interroge profondément sur la portée de cet article... l’histoire de Cécilia est, effectivement, insupportable. Ses parents doivent, évidemment, vivre un enfer quotidien, comme elle l’a d’ailleurs vécu durant ses dernières heures de vie. L’effet est là, la lecture de l’article m’a rendue malade.
Mon problème : je ne vois pas ce que veut nous dire la journaliste. Que cette jeune infirmière de 21 ans innocente ne méritait pas de mourir dans ces conditions abominables, tuée par des bourreaux inhumains ? C’est une certitude. Mais y avait-il besoin de tomber si bas dans l’énumération des détails sordides pour nous faire réfléchir et réagir sur l’urgence de la situation de certaines cités française, ou le degré zéro de l’image de la femme pour certains hommes en 2012 ? Sur le viol, sur la sexualité, sur l’intégration ou que sais-je... Je trouve inadmissible d’utiliser les ressorts de la presse à scandale au risque de perdre toute objectivité, et de faire oublier les questions essentielles à retirer d’un tel fait divers. Les titres et le style sont en eux-mêmes des signes qui ne trompent pas sur la subjectivité volontaire de l’article : "Cécilia si fragile", "Cécilia, qui faisait confiance", "une fille gentille, qui avait plein de choses à raconter"...
Et plus largement, je ne comprends pas l’objectif de ce dossier. Je ne comprends pas le lien logique entre ces histoires, la référence à Nuremberg, l’utilisation de ce concept de "justes" dénaturé, sorti de son contexte, devenus ici tantôt accusés, tantôt victimes.
Ce dossier ’fourre-tout’ est dramatiquement racoleur et n’est pas à la hauteur de XXI selon moi. Quel intérêt y a-t-il vraiment à flirter avec la presse de trottoir ? XXI n’était-elle pas justement une des rares revues qui pouvait jusque-là être fière de ne pas avoir à jouer avec les tripes de son lectorat ?
C’est un regret car pourtant lectrice fidèle du magazine, j’hésiterai à acheter le prochain numéro...
Emy Pinch’ 7 février 16:22