13 février 2012

La prison pour
l’ex-roi de l’amiante

Trait de sparation

Dans le numéro 15 de XXI, Patrick Herman avait enquêté sur Stephan Schmidheiny, l’ancien président d’Eternit, la multinationale de l’amiante. Lundi 13 février, le tribunal de Turin a condamné le milliardaire suisse et l’un de ses colistiers à seize ans de prison.



La biographie de Stephen Schmidheiny le présentait comme «  héritier, entrepreneur, philanthrope ». Une de ses fondations le décrivait comme « un pionnier mondial de la substitution de l’amiante dans l’industrie ». Figure de proue du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, et du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable, il avait accumulé au cours des années et de ses diverses activités près de 2 à 3 milliards de dollars, ce qui en faisait l’une des 400 plus grandes fortunes du monde.

Le masque est tombé : l’ex-propriétaire du groupe suisse Eternit, géant de l’amiante, a été condamné, lundi 13 février, à seize ans de prison. À ses côtés, le baron belge Jean-Louis Cartier de Marchienne, ex-administrateur d’Eternit-Italie, a écopé de la même peine. Ils devraient verser plusieurs dizaines de millions d’euros aux diverses parties civiles.

Jugés par contumace dans ce premier procès pénal de l’amiante, les deux chefs d’entreprise ont été accusés de la mort de près de 3000 personnes, d’avoir provoqué «  une catastrophe sanitaire et environnementale permanente  » et d’avoir enfreint les règles de la sécurité au travail.

Le « procès du siècle », comme l’appelle le quotidien italien La Repubblica, aura requis cinq ans d’enquête préalable et trois ans d’audiences, à partir de décembre 2009. La partie n’est pas finie : les accusés pourraient faire appel et repousser encore de quelques années un verdict définitif.

De nombreux proches de victimes, emportées pour la plupart par des cancers de la plèvre, étaient réunis devant le tribunal, les épaules recouvertes d’un drapeau italien sur lequel était inscrit « Eternit Justice ». Des associations françaises étaient présentes elles aussi.

Les premières plaintes ont été déposées en France en 1996. Elles n’ont donné lieu qu’à des indemnisations. L’avocat français Jean-Paul Teissonnière, qui suit le dossier dans l’Hexagone, dénonçait lundi l’«  impuissance » et la « paralysie (de la justice) devant les puissances économiques  ».

Marion Quillard



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Trait de séparation Commentaires
  • l’ex-roi de l’amiante vit tranquillement au Costa Rica,il est Suisse et l’une des 500 plus grosses fortunes du monde.Il ne sera jamais extradé.L’autre condamné est belge et à 89 ans et ne fera jamais un jour de prison vu son âge.
    La soumission des ouvriers italiens et français au système libéral et à la société de consommation est totale.Ils ont voté pour Berlusconi et Sarkozy et contribué ainsi à leur propre perte.Ils sont incapables de remettre en cause le pouvoir des patrons qu’ils considèrent comme indispensables pour conduire l’économie.
    Le procès et le jugement ne sont qu’une mascarade pour calmer la colère des familles des victimes de l’amiante.
    Aucun patron ni en Italie ni en France ne risque quelque chose en ce moment,regardez Servier.
    Mosanto condamné en France à fait aussi appel et ne versera jamais un euro de dédommagement.
    Les ouvriers italiens et français sont plus occupés à faire déloger et expulser les Roms et les étrangers qu’à surveiller leurs patrons et ils se préparent à voter FN.
    La réalité est ainsi vous êtes des utopistes mais je vous adore.
    Vos articles sont tous formidables et continuez ainsi vous êtes indispensables à la démocratie.

    maradona 15 février 2012 20:26
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