« Après avoir terminé le récit graphique pour XXI, Doel ne m’a pas quitté. Chaque jour, les choses évoluent. Certains changements sont visibles, d’autres non. Des décisions sont prises dans les cabinets ministériels et les bureaux des dirigeants du port, ou ne le sont pas. Je retournerai à Doel, encore et encore… »
Quand il dessinait son récit graphique, Jeroen travaillait à partir de ses notes d’avril 2011 et des clichés pris à cette période. Entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre, il est retourné parcourir la campagne. Il aura fallu moins de six mois aux pelleteuses pour engloutir le paysage.
À Saftingen, un hameau à deux ou trois kilomètres de Doel, la rivière devrait être détournée pour laisser la place à des docks ou de nouvelles industries. En avril, des maisons se dressaient encore le long de la route, elles ont été détruites. Des vaches broutent l’herbe à quelques mètres des gravats :
Un peu plus loin, les arbres ont été rasés le long du chemin. Une réserve naturelle doit être créée. En avril déjà, les pelleteuses avaient commencé leur travail. Aujourd’hui, le terrain n’est plus qu’une grande plaine de sable :
En août, la charpente de la ferme historique « Hof ter Walle » était encore intacte. Un mois plus tard, elle s’était effondrée. Le monument devait être classé, mais la restauration a trop tardé. Devant l’enceinte, la pancarte est toujours là : « Accès interdit, travaux de préservation ».

- La ferme historique "Hof ter Walle", en août

- Un mois plus tard la charpente s’est effondrée. Le monument aurait du être classé.








