4 octobre 2012

Vous lirez bien
quelque chose

Le choix de Guilhem Rives, librairie Torcatis (Perpignan, 66)

« Un ciel trop bleu au bord d’une mer trop bleue ». Cette phrase de l’écrivain Claude Simon, Guilhem Rives pourrait la faire sienne pour exprimer ce qu’il a ressenti, l’an dernier, en posant ses valises à Perpignan. Natif de Montpellier, ce fils d’une Irlandaise et d’un Occitan lit depuis toujours. De la littérature anglophone d’abord, jusqu’à des œuvres qu’il a mis du temps à pénétrer, dont celle de Claude Simon : « Lui fait partie des écrivains qu’il faut accepter de ne pas comprendre au début, pour tomber progressivement sous le charme et finir par être saisi, capté page après page. »

Ancien étudiant en géographie, Guilhem a travaillé à droite à gauche, a un peu vécu au Portugal, pour enfin devenir libraire. « C’était à la fois évident et paradoxal. D’un côté j’ai la fibre gauchiste ; de l’autre, je suis un commerçant qui s’assume complètement. » Issu des rangs de l’INFL (Institut national de formation à la librairie), Guilhem a fait ses gammes pendant deux ans dans une librairie-papéterie à Bussy-Saint-Georges (77). Puis il est entré au Divan, à Paris.

L’an dernier, rideau : à l’occasion de vacances dans le sud, il décide qu’il n’habitera plus dans la capitale : « J’ai aimé Paris comme une personne à part entière, avec ses défauts. Puis j’ai réalisé que le stress et la vie de tous les jours avaient émoussé ce qui m’est le plus cher : la curiosité. Et j’avais envie de bouger, de sauter un peu dans le vide. » En arrivant à Perpignan, Guilhem découvre la proximité quotidienne de la mer et des Pyrénées « à l’autre bout de la rue. Et ce ciel très bleu qui n’est pas une image, mais une réalité toujours intense. » Il s’insère immédiatement dans le tissu local et devient membre de l’association Anthropo qui organise lectures, concerts et expositions d’art.

Surtout, il intègre la librairie Torcatis, à l’origine une coopérative de livres scolaires ouverte en 1945 par la veuve d’un résistant, puis reprise dans les années 60 par les Costes, des intellectuels et militants proches des éditions de Minuit. Etablissement à l’histoire forte, Torcatis à la particularité d’être « une librairie de référence qui fait 600 m2 et où la subjectivité reste le maître mot ». Claude Simon y avait même ses habitudes…

Cette semaine, Guilhem nous conseille de découvrir sans attendre Qu’avons-nous fait de nos rêves ? de Jennifer Egan :

« Ce livre est un roman choral qui nous parle de la nostalgie, du destin ou plutôt de ce qu’il advint lorsque le temps passe. Un assemblage complexe, une multitude de personnages, d’époques, d’histoires, de lieux, d’ambiances, d’aventures, de destins, d’angoisses, de sentiments, un style très inventif et audacieux et pourtant un véritable roman à la lecture évidente, d’une franchise immédiate. Jennifer Egan nous éblouit par sa capacité à inventer un monde d’une richesse, d’une justesse et d’une finesse rarement atteintes. Le prix Pulitzer 2011 est un énorme coup de cœur. »

Pierre Bottura

Qu’avons-nous fait de nos rêves ?
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter
Stock (La Cosmopolite)
384 pages, 22 euros.

Librairie Torcatis
10, rue Mailly, 66000 Perpignan
04.68.34.20.51
www.librairietorcatis.com

Vous n’habitez pas à Perpignan et souhaitez trouver ou commander cet ouvrage, rendez-vous sur :
www.placedeslibraires.fr
www.lalibrairie.com



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