Anatomia Publica

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e n’aurais pas dû être là si tôt.

Je devais retrouver A., une amie qui prenait des photos de la répétition d’un spectacle de danse, Anatomia Publica, chorégraphie pour 4 danseurs. L’endroit, ambiance « Bunker de la dernière rafale », béton vernissé, lumière néon, vitrages atelier, rampe d’escalier tubulaire, était paradoxalement assez chaleureux.

Mais désert.

Si je me pointais à la répétition je perturberais les danseurs. Alors, comme il y a là quelques chaises, un bar sans barman, je me pose et entame un croquis. Enjeu perspectif, la rampe.

J’ai le temps.

J’ai un crayon de couleur.

J’imagine A. quelque part autour de moi, au-dessus peut-être, blottie dans un coin, s’effaçant dans la lumière blanche d’une salle de répétition, les danseurs glissant, leurs corps roulant se joignant, s’érigeant, elle à l’unisson, l’appareil numérique comme extension.

Passe de temps en temps quelqu’un, look de technicien, en traversée, de cour à jardin, arpentant la scène invisible que je dessine.

Des danses feutrées, quelque part.

Un type au téléphone traverse la pièce, frénétique, avec une pointe de nonchalance pourtant. Je n’écoute pas, j’en bave assez avec la rampe d’escalier, mais son nom m’accroche : Vincent Macaigne. Auréolé du succès de son récent spectacle à Avignon (on est fin 2011). Pas vu.

Croquis terminé. A. sort du fond de scène, seule.

On sort de la Ménagerie de verre.

Pour aller en prendre un. »

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Jeff Pourquié

Je m'intéresse à l'humain et à son inscription dans la société, au paysage et aux marges (Le poulpe, Vague à lame, Békame). Je travaille également pour la presse (Fluide Glacial, Bayard presse) et en jeunesse (Actes Sud Junior). Et j'enseigne en tant que professeur agrégé au sein de la section illustration de l'École Estienne, à Paris. Je vis à Montreuil et Besançon.

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