Aux enfants de Centrafrique

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e serais bien en peine d’expliquer cette immense émotion qui m’étreint lorsque je dessine sur les rives de l’Oubangui. La beauté du lieu, sans doute, magique, majestueux. Serein.

L’adjectif est imprudent, mais c’est la sensation que j’ai, une impression de sérénité. Je regarde les pêcheurs sur leurs pirogues, les passeurs qui transportent bêtes, hommes et matériel vers le Congo voisin…

Des filles et des garçons jouent dans l’eau. Comme tous les enfants du monde. Libres. Mais je pense alors à ces milliers de gamins faits prisonniers par les deux camps qui ont ravagé le pays. L’ex-rébellion Séléka – majoritairement musulmane – et les milices chrétiennes, les anti-balaka.

Quelques centaines ont pu être libérés. Ils ne sont pas pour autant sauvés, les séquelles sont terribles. Ils vont avoir besoin d’énormément d’amour et de soutien  pour réapprendre la vie, loin des sévices, des armes et de la cruauté.

Ce petit dessin est un hommage, un égard respectueux, à tous ces hommes et ces femmes qui se battent pour délivrer les enfants-soldats en Centrafrique, dont beaucoup ont moins de douze ans. Selon l’UNICEF, il en resterait six à dix mille…

 

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Joël Alessandra

Après six ans à l’École Boulle à Paris, je suis envoyé en coopération à Djibouti à la place de mon service militaire. La passion du voyage est née. Suivent de nombreuses péripéties : direction artistique dans des agences de comm. parisiennes, habillage de chaîne pour la télé italienne, long séjour au Sri Lanka. Je me dis que c’est cool de se la couler douce au soleil en dessinant des petits Mickey ! Du coup, je réalise une dizaine de BD et quantité de carnets de voyages. Ma femme trouve que j’ai pas mal la bougeotte et me décide à investir un pied-à-terre à Uzès. C’est là que je vis et travaille.

Les dessins précédents