Dans la tête des gens

masques pour XXIL

orsque je dessine les autres, je me sens intrusif, j’ai peur de gêner, et si l’on regarde sur mon épaule, c’est moi qui suis gêné. Du coup, je fais beaucoup moins de dessins d’observation qu’avant. Je pourrais représenter des espaces dépeuplés, mais je n’en trouve pas si facilement. Alors je m’efforce d’exercer ma mémoire et j’esquisse rapidement, plus tard, en privé, ce qui m’a intéressé dans la journée : des matières, des plis, des motifs. Pour le plaisir, je griffonne aussi souvent des masques d’Afrique ou d’Amérique, comme les doubles-masques ou « masques de transformation » du Nord-Ouest américain. Et j’en invente d’autres car j’aime les gens qui trichent avec leur identité. Les masques pour moi, c’est la possibilité de voyager dans la tête des gens, très loin d’ici, sans trop les déranger, et de les accueillir en nous sans qu’ils n’en soient embarrassés. »

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Tommy Gosselin

Je suis né en 1979 en Angleterre d'une mère irlandaise et d'un père français. Je ne dessine pas toujours ce que je pense mais j'écris ce que je dessine, et j'aime bien que ça se déroule ailleurs que là où je suis (« Sept milliards de chasseurs-cueilleurs » et « Au recommencement, » chez Atrabile, « Les héros avancent masqués », éditions la Cinquième Couche). Si parfois j'écris pour d'autres (« Lutte des corps et chute des classes », dessiné par François Henninger, à l'Apocalypse), à l'occasion je fais aussi des illustrations (« Ma tante est épatante », écrit par Gladys Marciano, au Rouergue). En ce moment je vis à Montreuil et je me déplace plutôt lorsqu'on m'invite.

Voir en ligne : http://rocambolebijou.over-blog.com/

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