Dessiner à l’ombre

concert ONL-sdR

égulièrement les jeudis matin je suis en prison. J’y anime des ateliers, de dessin, de peinture ou de bande-dessinée. Les détenus de la maison d’arrêt de Metz-Queuleu ne sont pas parmi les plus dangereux. La plupart sont en attente de jugement ou purgent des peines d’emprisonnement inférieures à deux ans.

J’aime ces moments d’échange. Ils me font du bien. Et à eux aussi, je crois.

Souvent j’essaye de les emmener vers la narration, parfois ils y sont réfractaires et me font justement remarquer qu’avant d’imaginer une bédé il vaut mieux savoir dessiner.  Alors je les pousse à essayer, à oser. Ils sont toujours fiers de croquer la photo d’identité d’un de leurs enfants.

De son côté, l’Orchestre National de Lorraine s’est donné pour mission de transporter la musique derrière les barreaux. Chef et musiciens prennent place dans l’espèce d’auditorium de la prison. Il faut reconnaitre que le lieu n’est pas si mal au niveau de l’acoustique. Ce jour-là, j’ai oublié mes aquarelles, dans le coffre de ma voiture. Pas question d’aller les chercher. Sortir de l’établissement – surtout pour y revenir – est un véritable parcours du combattant. Et puis, le concert a déjà commencé. Les détenus me prêtent des vieux pinceaux et des aquarelles bas de gamme. Le matériel de l’artiste en prison.

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Vincent Bailly

Je suis né en 1967, à Nancy. Nous vivons avec la petite famille à Longwy. Pendant cinq ans, j'ai usé mes fonds de culottes sur les bancs de l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg dans l'atelier de Claude Lapointe (Clap). À ma sortie, j’ai travaillé pour les éditeurs jeunesse, la presse et la publicité. Aujourd’hui, je fais de la BD et d'autres choses, comme ces ateliers. Mes albums, réalisés en collaboration pour la plupart, racontent l’Histoire et le Congo.

Voir en ligne : htpp://vincentbailly.canalblog.com/

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