Je ne sais pas par quel bout prendre cette pomme

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ci, pas de rencontre, pas de personne marquante. J’aurais aimé vous présenter un destin. Rien de tout ça, seulement l’égotiste raison d’être de ce croquis.

En octobre 2013, je suis invité à New-York pour le Brooklyn Book Festival mais je n’arrive pas à dessiner. Pas envie. Je ne sais pas par quel bout prendre cette pomme. J’arpente la ville en tous sens mais elle m’échappe et m’intimide. Je ne vois toujours pas quoi, ni comment, ni pourquoi dessiner un morceau infime de cet ensemble immense…

Hop, au MOMA ! Peut-être que dans ce musée, le filtre de l’art aidera…

Soudain, surprise, dans la salle du cubisme analytique, un déclic se produit enfin. Une baie vitrée ouvre sur la ville, avec son verre fumé qui colore le dehors des mêmes teintes que celles des peintures. Les lignes de force des tableaux semblent s’être reconstituées dehors, dans les compositions d’immeubles. Je ponds donc un rapide croquis de cette frappante analogie esthétique sans souci de résultat, juste pour mémoire.

Voilà. Le premier pas est fait. Ce dessin, dans mon carnet vierge, sera ma timide porte d’entrée sur New-York. Le musée m’a permis de trouver la bonne distance et d’ouvrir l’angle de vue. Je me dis que décidément, le dessin c’est une multitude de chemins. Il faut passer d’une idée à l’autre en les reliant par points, taches et traits… »

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David Prudhomme

Auteur de bande dessinée, gaucher, chauve, myope. Je trouve un malin plaisir à coincer les petits rouages de nos vies dans des cases et les articuler avec d'autres pour construire un engrenage significatif. Parfois cela résonne avec des enjeux internationaux. Si si. Parfois cela traite de notre relation aux arts. Parfois cela raconte nos tics sociaux, parfois cela questionne ce qu'on va bouffer à midi… Je vis à Bordeaux.

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