L’odeur de l’été

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oilà, c’est le monde qui m’entoure : une plage de galets sur le fleuve, tout près de chez moi, à Larrivière dans les Landes.

Pourquoi dessiner un arbre ou un fleuve ? Pour être avec l’arbre, ou le fleuve, ou avec quelqu’un. Moi, je voulais être avec un livre : je venais de finir L’arbre sur la rivière, de Pierre Bergounioux, qui parle de quatre jeunes gens perchés sur un arbre et de leurs sensations dans le miroitement de l’eau.

Il faut dessiner le chêne, regarder attentivement ses bizarreries, les morènes, les fléoles, et puis ce truc qui ressemble à un palmier, dessiner enfin si l’on veut une végétation fantaisiste…

Je sais que même si le dessin est raté, je n’ai pas perdu mon temps.

La raison d’être de ce dessin se trouve dans quelque chose de difficile à expliquer : l’odeur de l’été, les amusements qui ne changent pas tant que ça, la nature qui garde sa puissance.

Sur cette plage de galets, il y a moins d’enfants qu’auparavant pour faire Tarzan, ils préfèrent la piscine municipale. Mais il y en a toujours quelques uns, ou des adolescentes qui bronzent, ou encore un vieux monsieur qui tente sans succès de m’apprendre les rudiments de la pêche à la mouche. Ce n’est ni spectaculaire ni exotique, mais c’est chez moi. »

Propos recueillis par Marion Quillard

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Jean Harambat

Je suis né en 1976 dans les Landes où je vis actuellement. Après des études de philosophie et de commerce, puis diverses activités à l’étranger - notamment comme logisticien pour Action Contre la Faim au Libéria-, je me consacre à l’écriture et au dessin depuis 2004. Tour à tour reporter ou dessinateur, je collabore avec Le Monde 2, Géo, le quotidien Sud Ouest. En septembre 2008, j’ai publié chez Futuropolis ma première BD : Les Invisibles.

Les dessins précédents