Là-bas, c’est le vide

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’était un dimanche après-midi pluvieux, sur la montagne qui fait face à Quito. Un match de foot sur un terrain très long mais très étroit, presque une piste d’athlétisme. Dans ces Andes volcaniques, il n’y a pas la place pour construire de vrais terrains… Alors les Équatoriens jouent partout où c’est possible.

Ils portent fièrement des maillots de grands clubs européens. En arrivant, j’ai cru assister à un match Manchester-Barcelone. J’aime la passion que les Sud-Américains mettent dans le football. Rien ne les arrête, ni les conditions météo épouvantables à la saison des pluies ou sous la canicule, ni le peu de place que leur laisse la montagne.

Là-bas, derrière la ligne de touche à l’opposé, c’est le vide. Le flanc de montagne plonge dans la vallée. Et ça remonte de manière aussi abrupte vers le plateau de Quito, noyé dans la brume.

Quand le ballon sort du terrain, la plupart du temps il est perdu, et roule tout en bas. »

Propos recueillis par Marion Quillard

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Didier Tronchet

J'ai écrit un "Petit traité de Vélosophie" qui vient d'être réédité chez Plon dans lequel je démontre scientifiquement que tout corps posé sur une selle de vélo voit son regard sur le monde immédiatement modifié, et le monde changé avec lui.

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