Le Christ de la place Sainte-Barbe

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ans les années 1970-80, à l’entrée de cette école primaire de Liège, nous étions accueillis par un grand crucifix, très vieux et tout gris. La plus grande partie de mes condisciples étaient italiens (septante pour cent, selon mon père, qui était alors le directeur de l’école). Dans le quartier, tout le monde connaissait Orlando, un personnage remarquable, que nos voisins non-italophones appelaient Roland. Il était aimé, malgré sa réputation sulfureuse.

Quand je suis rentré à Liège après quelques années d’absence, j’ai trouvé la place Sainte-Barbe changée. Elle me semblait plus petite, plus vide et plus colorée. Quelques années plus tôt, Orlando avait pris seul l’initiative de repeindre le christ de l’entrée de l’école dans des tons gais. C’était peu de temps après qu’il eut mis fin à sa carrière de danseuse légère dans un cabaret du centre-ville.

 

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Jean-Philippe Stassen

Né de parents enseignants en 1966, il grandit à Liège. A 15 ans, le remboursement des frais de nettoyage d’un rideau de fer sur lequel son ami Hafid et lui-même avaient réalisé une magnifique fresque (que le propriétaire ne leur avait pas commandée) lui fait accepter un premier travail rémunéré : une BD sur l’immigration marocaine en Belgique. En 1994, l’actualité rwandaise l’oblige à changer sa façon de voyager et de travailler. Il s’intéresse à l’histoire des anciennes colonies. En 2005, installé dans une maison du sud du Rwanda, il prend six mois pour lire Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad en anglais. Il vit aujourd’hui à Paris. Ses amis et même ceux qui ne le sont pas lui reconnaissent un certain talent de cuisinier.

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