Le Djibouto-éthiopien

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‘ai vécu presque deux ans à Djibouti, dans la corne de l’Afrique, sans avoir jamais emprunté son célèbre chemin de fer. Le Djibouto-éthiopien, qui reliait à l’époque Djibouti à la capitale éthiopienne Addis-Abeba, empruntait un vieux tracé de caravanes en montant lentement vers les hauts-plateaux.

En 2008 je décidais enfin de faire le trajet avant la fin inexorable de cet incroyable monument ferroviaire inauguré par les français en 1917. Le train était un véritable marché ambulant où bananes et volailles vivantes côtoyaient le Khât, la drogue locale.

Ce n’était pas un moyen de transport comme les autres, le chemin de fer raccourcissait les étapes entre les peuples : au fil des kilomètres, le « Farendj », l’étranger que j’étais, a croisé des Afars, des Somalis, Gadabourcis ou Issas, des Oromos, des Éthiopiens, des Érythréens, quelques Yéménites… mais aussi Rimbaud, Conrad, Kessel et Henry de Monfreid.

Ils ne m’ont plus jamais quitté.

Aujourd’hui le train n’est plus, remplacé par un long serpentin de camions bruyants sillonnant les pistes en empestant la brousse de vapeurs nocives… »

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Joël Alessandra

Après six ans à l’École Boulle à Paris, je suis envoyé en coopération à Djibouti à la place de mon service militaire. La passion du voyage est née. Suivent de nombreuses péripéties : direction artistique dans des agences de comm. parisiennes, habillage de chaîne pour la télé italienne, long séjour au Sri Lanka. Je me dis que c’est cool de se la couler douce au soleil en dessinant des petits Mickey ! Du coup, je réalise une dizaine de BD et quantité de carnets de voyages. Ma femme trouve que j’ai pas mal la bougeotte et me décide à investir un pied-à-terre à Uzès. C’est là que je vis et travaille.

Les dessins précédents