Le festival de l’inattendu

algerD

ans ce grand pavillon monté à Alger, il est permis de dessiner sur les cloisons. Ici, deux jeunes Algériennes de quinze ans manifestent leur adoration pour le groupe One Direction, en reproduisant les visages de ces boys bands anglo-irlandais. « On fait du Fan Art ! C’est notre façon de montrer qu’on les aime! »

Au Festival International de la Bande dessinée d’Alger, l’inattendu est à chaque coin de l’esplanade de Riadh el Feth. Auteurs, illustrateurs, éditeurs de tous les continents se mêlent aux familles de la capitale. Ici, des enfants déguisés en super-héros participent au concours de « cosplay ». Là, Malika, une jeune infographiste et illustratrice marocaine, casse les préjugés en faisant de la femme arabe une superwoman culottée.

Le ton monte dans une salle. Une caricature d’un imam criant dans un micro suscite une controverse : son auteur explique qu’il trouve ridicule qu’en 2015 un imam continue à gueuler dans son micro puisque les haut-parleurs amplifient le son de sa voix. Un jeune homme de 25 ans rétorque : « Je fréquente toutes les mosquées d’Alger, et je peux vous dire qu’un imam qui ne gueule pas dans son micro est un imam soporifique… »

Didier Kassaï, lui, vit en République Centrafricaine. Depuis la guerre, l’électricité est capricieuse, voire absente. Impossible de scanner ou de travailler la nuit. Didier fait tout à la main. Les cinquante premières planches de son livre ont brûlé dans l’incendie de sa maison après l’explosion d’un obus ou d’une grenade. Didier a tout recommencé. Il vient de publier Tempête sur Bangui, et il est tout content de venir présenter sa bande dessinée ici, sur son continent.

auton323

Jeroen Janssen

Né en Belgique, en 1963, il fut clair dès la maternelle que Jeroen Janssen n’était pas fait pour autre chose que le dessin. Mais il n’en vit pas uniquement. Pour faire bouillir la marmite, il a été aide dans la psychiatrie, chauffeur, jardinier, facteur... Actuellement, il est assistant bibliothécaire. Après un séjour de cinq ans au Rwanda comme enseignant aux Beaux-Arts, il a publié plusieurs albums, dont « La Revanche de Bakamé » (La Boîte à bulles) en 2010 et « Doel » en 2013. Son dernier récit graphique, "Abadaringi" parle d'art, du Rwanda, de génocide et de diaspora. Publié en néerlandais 2016, il est à la recherche d'un éditeur étranger ! Depuis peu, Jeroen a repris ses carnets pour donner des nouvelles de Doel et de ses habitants. Il dessine également pour la presse belge, néerlandaise ou française (De Standaard, De Morgen, XXI...) et publie de temps en temps des croquis sur www.urbansketchers.org.

Voir en ligne : http://www.bakame.be

Les dessins précédents