Le lémurien se moque de nous

lémurienJ

’ai vécu six mois sur l’île aux nattes, au large de Madagascar, avec ma famille. Antoine, mon fils, s’est épris d’animaux facétieux et imprévisibles (à son image): les lémuriens. Il montait sur le château d’eau qui alimente les paillotes, pour ne pas rater leurs apparitions; chaque fois des petits moments de magie pure.

Le grand jeu était de deviner leur présence dans le feuillage, et de guetter le moment où ils allaient s’élancer d’une branche à l’autre avec une grâce inouïe, en poussant de petits cris qui tiennent plus du ricanement. D’ailleurs, ils donnaient l’impression qu’ils se moquaient de nous sans vergogne.

Les lémuriens n’ont pas peur de l’homme, ils tolèrent sa présence sur ce qu’ils considèrent être leur territoire. Et n’hésitent pas à prélever leur impôt, en pénétrant dans les habitations pour voler tout ce qui se mange. Antoine s’est lié d’amitié avec un lémurien d’une espèce plus petite. Jeannot venait se loger sur son épaule chaque matin, quand il prenait la pirogue pour rejoindre l’école sur l’île voisine. Pas mal comme anecdote à raconter sur Facebook aux copains restés en France…

auton294.jpg

Didier Tronchet

A raconté son séjour sud-américain de trois ans d'abord dans la revue XXI, puis dans un gros album de BD où les tranches de vie d'un exilé volontaire font alterner les séquences drôles et tragiques dans un joyeux mélange qui donne une idée personnelle et éblouie du continent. Ça s'appelle "Vertiges de Quito" et c'est publié aux éditions Futuropolis.

Les dessins précédents