Les Maldives

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e travaille à Paris, dans un sous-sol sans fenêtre. Pour rendre l’espace moins hostile, ma supérieure a fait appel à une entreprise d’adhésif. Ils sont venus coller au mur des photos en trompe l’oeil. Ce sont des autocollants grand format qui représentent des fenêtres ouvertes sur des paysages paradisiaques avec de l’eau turquoise et des palmiers.

Le genre de carte postale un peu kitch qui ressemble à une plage des Maldives ou un fond d’écran d’ordinateur. J’appelle ce genre de destination « Emmerdiland », car j’ai toujours l’impression que les gens s’emmerdent à mourir dans ce genre d’endroit. Ma responsable pensait sûrement bien faire, elle se disait sans doute que cela nous apaiserait. Cela produit exactement l’effet inverse. Je me sens encore plus enfermé qu’avant. Je n’ai qu’une idée en tête : partir loin d’ici.

Aujourd’hui c’est le jour J comme on dit, j’ai donné ma lettre de démission !  J’ai trouvé un nouveau job. Il y a des fenêtres, et ça c’est tout bête, mais ça change la vie.

Larosoirtiny

Larosoire

Àl’adolescence, je suis tombé dans l’univers du graffiti. Puis je l’ai pris en photo. Je fonctionne par analogie: chaque chose me fait penser à une autre, et chaque association à une nouvelle encore plus incongrue. Quand je ne suis pas distrait par des objets du trottoir, c’est que j’ai la tête dans mon carnet pour y canaliser une imagination un peu trop débordante.

Les dessins précédents