Point de fixation

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imanche 6 septembre 2015. Il fait nuit, il fait froid. Après avoir été expulsés de plusieurs droits dans le nord de Paris, une centaine de migrants ont décidé de s’installer au pied de la mairie du 18e arrondissement, pour être visibles. Ils ne sont pas seuls : des soutiens les ont rejoints pour distribuer matelas et couvertures.

Rapidement, tout le monde est encerclé par la police. J’assiste à des scènes surréalistes : les forces de l’ordre arrachent les matelas des mains des réfugiés. Ils insultent ceux qui sont venus les épauler. A voix haute, les policiers expliquent avoir reçu l’ordre d’empêcher un nouveau « point de fixation ». Pas de matelas, pas de fixation. Nous bataillons toute la nuit pour acheminer des couvertures de survie.

C’était il y a un an. A l’époque, on les appelait « les migrants de La Chapelle ». Aujourd’hui, ils campent devant les métros Stalingrad et Jaurès, dix, vingt fois plus nombreux. D’après les derniers chiffres, ils seraient près de quatre mille désormais. Quatre mille à vivre dans des conditions déplorables. Quatre mille à subir régulièrement les assauts de la police. À attendre un peu de solidarité.

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Pierre Ferrero

Né en banlieue parisienne en 1986, j’ai intégré avec un bac scientifique l’école de dessin Émile-Cohl à Lyon en 2004. Dès la première année, j’y ai rencontré une bande de copains ayant les mêmes goûts et la même vision de la bande dessinée. Nous avons cofondé en 2005 le collectif Arbitraire, la revue du même nom voit le jour la même année. Mon travail apparaît dans chaque numéro depuis la création de la revue. J’ai aussi autoédité chez Arbitraire plusieurs bandes dessinées. En 2011 la revue Arbitraire n° 9 a gagné le prix de la bande dessinée indépendante au festival d’Angoulême.

Voir en ligne : http://pierreferrero.tumblr.com/

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