Saïda

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’est un atelier de slam un peu particulier, destiné à des adultes migrants qui souhaitent progresser en français. Il y a là un Chinois, une Ukrainienne, un Malien, un Syrien…

Saïda s’était perdue. Heureusement elle a fini par croiser Paul, qui organise l’événement. Nous nous saluons, puis elle me dit : « Vous avez de la chance de bien savoir parler français ». Je lui réponds qu’elle-même a de la chance de parler arabe ; et que tout compte fait elle parle mieux le français que moi l’arabe.

Nous rejoignons les autres. L’atelier peut commencer. Avant de venir, chacun a dû préparer un petit texte de son cru. Saïda commence à lire le sien, sa voix tremble un peu. Pas par timidité, mais parce que son récit la rend triste, vraiment. Quand elle a fini, elle sourit de fierté : c’est la seule à avoir pris la peine de faire des rimes.

L’animateur lance une musique de fond et lui demande de déclamer à nouveau son poème. La musique renforce l’émotion qui s’en dégage. Saïda se prend au jeu. Je frissonne : en l’écoutant, pour la première fois, je prends conscience de la tristesse de l’exil.

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Iom

Né en 1985, j’ai appris à lire et à dessiner en dévorant des BD. L'habitude de « croquer » sur le vif les passagers du métro m’a permis de participer au site www.delignesenligne.com. Depuis, ce site a donné lieu à un livre (De Lignes en Ligne, L'Art discret du croquis de métro, aux éditions Eyrolles) et à de belles expositions, notamment à la Maison de la RATP et au Point Éphémère. Je travaille actuellement sur d’autres projets, dont un livre musical pour les tout-petits et un reportage dessiné sur l’insertion professionnelle d’immigrés à Paris.

Voir en ligne : http://iom.ultra-book.com/book

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