Une présence particulière

JeanneU

n matin d’hiver à la campagne, je prends mon café aux premières lueurs du jour. 
Les silhouettes des arbres se découpent sur un ciel anthracite. Le soleil se fait timide. 
Mon attention brumeuse hésite entre les informations très précises d’une motte de beurre sur la table du petit déjeuner et ce grand bouleau fier et droit du jardin voisin.
Ce matin-là, l’arbre paraît différent. Une masse étrange faite de débris végétaux assemblés est agrippée à son tronc. De la forme d’une poire de 1 m 50 de haut. De la taille d’un gros animal recroquevillé.  Vraiment flippant. 
En zieutant sur internet : il s’agit d’un nid de frelons. Jour après jour il reste accroché là, ça me fout le frisson. J’ai l’impression de le voir grossir à vue d’oeil. En réalité, aux premiers froids sérieux, les femelles fondatrices ont quitté le nid, se sont déjà probablement trouvé une planque pour passer l’hiver et la colonie a disparu. Mais il reste cette forme qui semble regarder dans ma direction avec ses deux trous béants qui lui servent d’ouverture.

L’autre jour, la tempête l’a fait tomber. Et ma peur avec.

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Jeanne Macaigne

Après des études de lettres modernes et les Arts décoratifs de Paris, je dessine pour la presse et l’édition. Dans mes dessins du moment, je me préoccupe très sérieusement du bien-être des animaux, de celui des plantes et des objets qui nous entourent. Les êtres humains se débrouillent à l’intérieur comme ils peuvent. À moins que ce ne soit l’inverse…

Voir en ligne : http://www.jeannemacaigne.com

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