« Évoluer, ce n’est pas trahir. » Entretien avec Esmeralda Romanez

« En juin 2015, je participe à la marche blanche en hommage au petit David, un enfant rom décédé dans l’incendie d’une caravane, à Lille. La question rom me touche, m’émeut, sans que je sache comment l’aborder en tant que journaliste.

La marche s’achève au campement. Une femme prend la parole, dans une langue très belle. Elle m’impressionne. Elle dit tout ce que j’avais envie de raconter sur la question, ce qu’on ne lit pas ailleurs. Elle est française et tzigane rom. Je prends son nom et son numéro.

Je revois Esmeralda Romanez à Arles, où elle m’accueille chaleureusement pendant deux jours. Elle m’emmène aux Saintes-Maries-de-la-Mer, au Musée des roulottes… et elle me raconte sa vie sur la route.

Cette femme, c’est une conteuse. Un personnage de roman ! Avec elle, j’ai plongé dans un monde de générosité, d’entraide… La rencontrer m’a rappelé l’essentiel. »